Eau, Planète et Peuples : Journées internationales de débat citoyen sur les enjeux locaux et mondiaux de l’eau 9 et 10 mars 2012

Déclaration finale disponible sur http://www.france-libertes.org/Sortie-du-communique-de-presse.html

Un authentique travail démocratique articulé autour d’ateliers thématiques et de séances plénières.

Forum Alternatif Mondial de l’Eau 2012 à Marseille

Du 14 au 17 mars – Dock des Sud / Marseille

http://www.fame2012.org/fr/

Fin de l’année 2011

Et oui, c’est bientôt fini 2011 et ce n’est pas trop tôt. Comme tous les ans, on espère toujours mieux pour l’année à venir. Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous passer en revue tous les évènements marquants de l’année 2011. Cependant, mon côté pessimiste me dit que les choses ne se sont pas vraiment arrangées et que le cadavre du bon vieux monde moderne bouge encore. Le monde « du passé » s’est battu comme un beau diable, lors de la conférence de Durban, par exemple, pour défendre le statu quo alors que la communauté scientifique ne cesse de tancer les dirigeants des pays à changer d’attitude.  Face aux risques de dérégulations climatiques, les plus pauvres en feront, une fois encore, les frais. Mon côté optimiste me pousse, lui, à penser que des profondes mutations sont en cours au coeur même de nos sociétés. Il suffit d’ouvrir les yeux ! J’ai le sentiment que les citoyens sont en train de reconquérir le pouvoir qui leur avait été confisqué depuis trop longtemps. Ca, c’est vraiment la bonne nouvelle. Pour 2012, je souhaite que cette dynamique citoyenne garde le cap vers le changement.  A Marseille, la tenue du Forum Alternatif Mondial de l’Eau, en mars 2012,  sera un des grands rendez-vous citoyens. A ne rater sous aucun prétexte.

Bon bout d’an à tous.

Philippe

Inauguration officielle de la place Louise Michel

Cette journée qui suit celle de la laîcité sera consacrée à Louise Michel, figure majeure de la Commune de Paris, et se déroulera sur la place du même nom, au cœur du quartier de Belsunce, samedi 10 décembre à 11h00. Les participants auront l’occasion de découvrir le projet citoyen porté par l’Association des Commerçants et Artisans de Proximité Marseille Méditerranée et l’Association des Nouvelles Energies Citoyennes.

Le rendez-vous est au 31 rue des petites Maries, Café Mounir.

Peak oil

Après plus d’un siècle d’augmentation exponentielle de la consommation d’énergie, la planète s’essouffle et la notion de « pic de production », autrefois ridiculisée, devient une évidence.

« Nous avons, en 2009, atteint le pic de production en matière de pétrole, la production ne peut maintenant que décroitre »

Cette phrase, prononcée par François Fillon le 5 avril dernier à l’Assemblée Nationale, est la première affirmation officielle du gouvernement à ce sujet. Elle arrive bien tard et dans des circonstances confuses. En effet, une telle information n’aurais jamais dû être glissée discrètement dans le cadre d’une réponse à un député, car elle n’a absolument pas été relayée. Elle aurait dû faire l’objet d’une déclaration officielle et de mesures majeures de préparation de notre pays.

La notion de pic est valable pour le pétrole, mais elle l’est également pour toutes les ressources minières et fossiles. Ainsi, le pic de l’or a été dépassé en 2001, nous sommes en train de passer celui du phosphate et celui du cuivre devrait être atteint en 2020. Les exemples sont nombreux et nous montrent que nous avons atteint la limite des capacités de notre planète.

Dans un tel contexte, c’est le système tout entier qu’il faut repenser car nous l’avons construit sur la base d’énergies et de ressources abondantes et peu chères. Cette période est maintenant terminée et ce fonctionnement ne pourra pas durer. Les secteurs essentiels sont très fortement dépendants du pétrole, que ce soit pour la production ou la distribution. Ainsi, nous devons faire en sorte, individuellement et collectivement, d’anticiper ces changements et d’assurer une réponse, en toutes circonstances, à nos besoins vitaux que sont l’alimentation (eau et nourriture), la santé et l’habitat (bâti et chauffage).

Nous allons vivre de grands changements, qu’ils soient climatiques, énergétiques et/ou économiques. Il est temps d’améliorer notre résilience, c’est-à-dire notre capacité à les subir et à nous réorganiser. Certes, le défi est ambitieux, mais c’est l’occasion de prendre en main notre avenir, d’imaginer et de construire, ensemble, le monde dans lequel nous voulons vivre demain.

Benoît Thevard*

* Membre de Next World

Le développement durable, un concept dévoyé ?

Prenez n’importe quel produit ou service, rajoutez lui la particule « durable » et le tour est joué ! A force d’utiliser l’expression « développement durable » à tort et à travers, nous avons fini par le vider de sa substance, de son sens.  « A quoi ça sert le développement durable ? » est la question qui revient de plus en plus souvent.  Déjà, j’ai un premier souci avec le terme « développement ».  Développer sous-entend qu’il y a un développeur et un sous-développé.  Jusqu’ici le profane n’y voit rien à redire. Cependant derrière ces mots apparemment anodins se cachent une toute autre réalité, celle d’une culture dominante qui impose un système de valeurs et de perceptions à une autre afin de la développer.   Et « durable » alors ?  Si on s’en réfère à la définition du dictionnaire : « Est durable, ce qui est stable, de nature à durer ».  Personnellement, je lui préfère le mot « soutenable » qui me semble plus adapter à notre situation planétaire.  Le concept même de développement durable ressemble bien souvent à un cache misère et le greenwashing a encore de beaux jours devant lui !  Heureusement il existe quelques rares organisations dont les efforts sont sincères et honnêtes et, en général, ces gens-là ne passent pas dans les médias pour les entendre s’autoproclamer « durable ».  La prise de conscience avance mais pas nécessairement là où on l’attend, il faut souvent gratter un peu le vernis de notre société pour découvrir d’authentiques pépites de créativité, de solidarité pour redécouvrir le sens de la soutenabilité, c’est une forme de retour aux sources dont nous avons grandement besoin.

La crise, toujours la crise…

La crise… A croire qu’ils n’ont plus que ce mot à la bouche.  La crise financière fait peur, elle menace l’inoxydable croissance, elle plombe le « moral » des troupes… Oh, pardon, des ménages.  Le cercle des gens qui comprennent quelque chose est très restreint : laissons faire les experts qui « savent ». Je dois avouer que je suis aussi un peu perdu dans ce fatras d’informations prémâchées par les médias, glissé entre deux messages publicitaires (à moins que ce ne soit le contraire).  Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec le célèbre roman d’Orwell, « 1984 », même si, à l’origine, l’auteur s’est inspiré des régimes totalitaires.  Alors que, dans nos sociétés, les possibilités de s’exprimer devraient être un puissant moteur du changement, l’émergence d’une forme de « novlangue » répandue à tous les strates dans la société à de quoi inquiéter.  Dans 1984, la novlangue, langue officielle d’Océania, rend, de par sa forme appauvrie, impossible toute expression d’idées subversives évitant ainsi toute critique de l’action de l’état.  Pour maintenir coûte que coûte nos modes de développement en place, il faut maintenir les populations dans une relative ignorance des réels enjeux qui n’ont parfois rien à voir avec le bien public.  « L’ignorance, c’est la force » clame le régime d’Océania.  Dans quelle mesure, cette devise s’applique-t-elle à notre société ?  Nous sommes tellement préoccupés à rattraper notre « retard » de consommation en nouveautés que nous n’avons peut-être pas envie de savoir ce qui se passe dans les coulisses des « objets » qui comblent les vides de nos vies.  Récemment, une connaissance me faisait remarquer qu’il ne valait mieux pas savoir, c’était plus simple à vivre…

Vers un changement de paradigme

J’ai le sentiment que nous sommes en train de vivre de profonds changements dans nos sociétés.  Tout semble cependant se passer dans un silence absolu et il faut développer de réelles capacités pour percevoir les signes avant-coureurs de ce nouveau changement de paradigme.  Des millions de voix s’élèvent pour exiger un changement radical des liens qu’entretient l’Homme avec ses contemporains et avec la Nature.  Le monde   »moderne » tient encore bon même si il apparait de plus en plus incapable de résoudre les problèmes qu’il a lui-même engendré depuis longtemps.  Trop peu  de gens veulent l’entendre et s’accrochent toujours aux illusions qu’il entretient savamment.  Le fait même d’évoquer l’idée d’un changement de paradigme suscite de vifs débats et fait passer ceux qui soutiennent cette réflexion au mieux pour de doux rêveurs au pire pour de dangereux réactionnaires (voir la réaction de Pascal Lamy, directeur général de l’OMC – article du Monde : « la démondialisation est un concept réactionnaire »).  Mais de quoi parle-t-on au juste ?  Si on considère les sociétés humaines sous un angle historique, le changement de paradigme peut être vu comme la naissance d’une société émergente au sein d’une société dominante.  Ainsi, tout au long de l’Histoire, les sociétés humaines ont évolué de petits groupes vers des formes tribales nomades ; de nomades, elles sont devenus sédentaires (éleveurs et cultivateurs) ; ces sociétés se sont ensuite mués en empires pour finalement arriver à la société industrielle et moderne sous l’impulsion des « Lumières ».  Quelle sera la prochaine forme de société ?  Je préfère penser que nous aurons l’intelligence de forger le futur soutenable de notre société, en pleine conscience, plutôt que de subir un scénario qui nous amène droit dans le mur.  En sommes-nous capables ?

De Platon à Socrate…

J’ai relu, il y a quelque temps déjà, « Le guépard », célèbre roman de Guiseppe Tomasi di Lampedusa magnifiquement porté à l’écran par Visconti.  L’histoire se passe en 1860 en Sicile, les troupes républicaines de Joseph Garibaldi débarquent sur l’île pour renverser l’ordre social jusqu’alors dominé par une aristocratie. Conscient des enjeux et de ses intérêts, le neveu du Prince de Salina, Tancredi, veut rejoindre les défenseurs de la future république italienne.  Son argument est imparable : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change !». En clair : pour préserver nos acquis et que rien ne change pour nous, nous devons passer à l’ennemi.

J’ai très vite fait le lien avec le sujet qui nous (pré)occupe : aller vers une société humaine soutenable pour la planète.  Malheureusement, l’illusion est de faire croire aux organisations qu’elles pourront s’engager sans devoir réexaminer les bases sur lesquelles elles sont bâties ; ce mirage est très largement répandu.  C’est devenu l’argument de vente numéro 1 : tout changer pour que rien ne change. D’où le sentiment, amer, que ce que certains osent encore appeler le « développement durable » n’en est plus.  On veut bien baisser les consommations d’essence, d’eau… Tout ce que vous voulez, mais toucher au fond du problème, certainement pas.

Et pourtant, les signaux d’alerte se font de plus en plus clairs, nous ne pouvons pas les ignorer indéfiniment : nos organisations ont, d’après Otto Scharmer, des modes de fonctionnement et des cultures obsolètes qui les empêchent de répondre efficacement aux enjeux de durabilité de l’humanité.  Au lieu de s’appuyer sur la créativité par des pratiques managériales centrées sur les femmes et les hommes qui les composent, les organisations sont majoritairement arcboutées sur leur vision du monde, dont elles ne tolèrent pas que l’on s’écarte.

Cette « pathologie sociale » a pour résultat un désengagement de plus en plus évident des individus.  Toute démarche de développement durable impose ouverture d’esprit et honnêteté intellectuelle. J’admets que c’est n’est pas facile, mais en prendre conscience est un progrès considérable pour éviter de tomber dans cet aveuglement qui signe souvent l’arrêt de mort des démarches de durabilité.  Il faut, en quelque sorte, passer de Platon à Socrate…

Pourquoi Next World ?

Tout est parti d’un constat, plutôt amer, que nous sommes quelques-uns à partager…
Dès lors que l’on parle de mettre en œuvre la durabilité, ce qui marque le plus les esprits c’est, d’une part, la faible compréhension de la notion de durabilité et, d’autre part, l’absence de vision d’un futur souhaité durable qui pourrait nous amener à construire une société réellement durable. L’absence de la vision durable d’une organisation ou d’un territoire rend la mise en œuvre d’une authentique stratégie de durabilité difficile, voire impossible. Le plan d’action revêt alors l’aspect d’un patchwork dont les acteurs ne saisissent pas toujours la finalité. La méconnaissance de la notion de durabilité, indissociable d’une approche systémique (une société humaine dans la biosphère), est une des sources potentielles de risques. Les solutions autoproclamées « durables » peuvent parfois être pires que les problèmes qu’elles sont censées résoudre et une meilleure lecture de la durabilité aurait pu permettre d’éviter tout problème de conception (ex. : les agrocarburants de première génération).

Compte tenu des tendances actuelles (inégalités, climat, érosion de la biodiversité…), un schéma de développement de type « Business as usual » n’est plus soutenable. Notre société doit envisager un autre scénario en vue d’une transition vers la durabilité. Pour viser cet objectif, nous devrons passer, nécessairement, par un réexamen des valeurs qui dominent notre modèle économique basé sur une croissance illimitée.

Next World est née de la volonté d’essayer de répondre aux questions que nous nous posons tous : où va la société humaine ? Quelle société souhaitons-nous ? Nos décisions nous amènent-elles vers une société durable ?

Une vie ne suffira pas pour répondre, de manière satisfaisante, à ces questions de « sens ».  Nous nous efforcerons cependant d’apporter notre pierre à l’édifice.

Les fondateurs de Next World

Sauver la civilisation n’est pas un sport de spectateur !

Lester R. Brown, traduit par Marc Zischka, Frédéric Jouffroy et Pierre-Yves Longaretti

Texte original:
ww.earthpolicy.org/index.php?/book_bytes/2010/pb4ch10_ss8

Au vu des immenses défis environnementaux et sociaux auxquels notre civilisation globale du début du 21ème siècle est confrontée, l’une des questions que l’on me pose le plus souvent est la suivante : que puis-je faire ? Les gens s’attendent souvent à ce que je parle de changement de style de vie, du recyclage des journaux, ou du remplacement des ampoules d’éclairage. C’est indispensable, mais c’est loin d’être suffisant. Nous devons maintenant rapidement restructurer l’économie globale. Cela veut dire qu’il faut devenir politiquement actif, œuvrer pour les changements nécessaires. La sauvegarde de la civilisation n’est pas un sport de spectateur.

Eduquez-vous autant que possible par la lecture ou tout autre source d’information sur la nature des problèmes à affronter. Si vous voulez savoir ce qui est arrivé à des civilisations anciennes qui ont été confrontées à des problèmes environnementaux, lisez Effondrement de Jared Diamond ou La fin du progrès ? de Ronald Wright ou Collapse of Complex Societies de Joseph Tainter. Mon dernier livre, Plan B 4.0 : Mobilizing to save civilization, peut être téléchargé gratuitement sur le Site Web de l’Earth Policy Institute (EPI). Des données complémentaires sont aussi disponibles sur notre site, de même qu’un diaporama qui en résume les points clés (traduit en français). Si vous pensez que ce matériel vous aide à définir vos propres lignes d’action, faites-le circuler autour de vous.

Choisissez un sujet qui ait du sens pour vous, comme la restructuration des impôts, l’interdiction des ampoules à incandescence, très inefficaces, l’arrêt des centrales thermiques au charbon, la mise en place de zones piétonnes et cyclistes dans votre quartier, ou bien encore la participation à une association agissant pour stabiliser la population mondiale. Existe-t-il quelque chose de plus passionnant et enrichissant que de s’impliquer à titre personnel pour tenter de sauver la civilisation ?
Vous voudrez peut être agir seul, mais vous pourriez aussi structurer un groupe d’individus qui partage les mêmes idées. Vous pourriez commencer en parlant avec d’autres pour choisir une (ou des) problématique(s) sur lesquelles travailler.

Vous pourriez aussi entrer en contact avec les élus de votre conseil municipal ou avec le député de votre circonscription. Indépendamment de votre thème favori, il y a deux sujets qui constituent des enjeux politiques majeurs : la restructuration de la fiscalité et la réorganisation des priorités budgétaires. Écrivez ou envoyez un courriel à vos élus au sujet de la nécessité d’un transfert de fiscalité, en réduisant l’impôt sur le revenu et en augmentant la fiscalité écologique. Rappelez-lui que ne pas incorporer les coûts environnementaux dans la comptabilité publique ou privée peut donner l’illusion de la prospérité à court terme, mais que cela mène à l’effondrement à long terme.

Faites savoir à vos représentants politiques qu’un monde dépensant plus de 1 000 milliards de dollars par an à des fins militaires n’est tout simplement pas en phase avec la réalité, en négligeant la plupart des problèmes graves menaçant notre futur. Demandez-leur si le budget du Plan B, un supplément de 187 milliards de dollars par an (soit un huitième du budget militaire global) pour éradiquer la pauvreté, stabiliser la population et restaurer la planète, constitue une dépense exorbitante pour sauvegarder la civilisation. Rappelez-leur la façon dont les Etats-Unis se sont mobilisés pendant la deuxième guerre mondiale.

Et ne sous-estimez surtout pas ce que vous pouvez faire. L’anthropologue Margaret Mead a dit un jour : “ Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et responsables puisse changer le monde. En fait, c’est toujours de cette façon que les changements radicaux se sont opérés.”

Mettre en accord votre style de vie avec votre action politique ne peut qu’être bénéfique. Mais rappelez-vous que c’est un complètent à cette action, pas un substitut. L’urbaniste Richard Register raconte sa rencontre avec un ami activiste de la bicyclette portant un T-shirt indiquant “J’ai juste perdu 1 500 Kg. Demandez-moi comment.” Quand on l’interrogeait, il répondait qu’il avait vendu sa voiture. Remplacer une voiture de 1,5 tonnes par une bicyclette de 10 Kg réduit évidemment de façon spectaculaire l’utilisation d’énergie, mais il réduit également de 99 pour cent l’utilisation de matériaux, économisant indirectement encore plus d’énergie.

Les changements alimentaires peuvent également faire la différence. La différence d’empreinte climatique entre un régime riche en viande rouge et un régime végétarien est à peu près la même que celle existant entre un gros 4 x 4 gourmand en carburant et un hybride essence-électrique très efficace. Un certain nombre d’entre nous a un régime alimentaire riche en protéines et en graisses animales ; l’un des plus grands services qu’ils peuvent rendre à la civilisation ainsi qu’à eux-mêmes est de redescendre dans la chaîne alimentaire vers une alimentation plus végétarienne.

Ces changements de style de vie, souvent bénéfiques et plutôt indolores, peuvent se prolonger par un réel engagement et don de soi. Pendant la deuxième guerre mondiale des millions de jeunes hommes enrôlés de force ont fait le sacrifice de leur vie, mais il n’est pas nécessaire d’aller si loin pour sauvegarder la civilisation. Il suffit d’être politiquement actifs et de modifier notre style de vie. Au début de la deuxième guerre mondiale, le Président Roosevelt a souvent demandé aux américains d’adapter leurs styles de vie. Quelle peut être aujourd’hui notre contribution, sous forme de temps, d’argent, ou de réduction de consommation, pour aider à sauvegarder la civilisation ?

Le choix vous appartient — nous appartient. Nous pouvons nous en tenir au business as usual et continuer sur la voie d’une économie qui détruit les écosystèmes sur lesquels elle repose, jusqu’à sa propre destruction ; ou nous pouvons adopter le Plan B et être la première génération à changer de cap, plaçant le monde sur un chemin de progrès durable. Ce choix est celui de notre génération, mais va affecter la vie sur Terre pour toutes les générations à venir.

Technologies : Vers un futur souhaité et durable…

La 11ème édition des «Mystères du XXIe siècle» a eu lieu le 10, 11 et 12 décembre à Saint-Tropez. Cette année, le colloque se penchait sur une question, angoissante pour les uns et prometteuse pour les autres : « Quels futurs pour demain ». Philippe Patouraux, fondateur de Next World, a participé à la table ronde « Vers un monde hyper technologique ». Ce fut l’occasion de présenter notre perception, d’un point de vue sociologique, du rôle que joue ou jouera la technologie au XXIème siècle.

Nous pensons que la technologie doit être considérée comme un des moyens d’aider nos sociétés à se développer dans les limites écologiques de la planète et non comme une fin en soi. Cette première réflexion en amène une autre : un monde hyper technologique sera-t-il synonyme de bonheur collectif ?  Force est de constater que la technologie semble, majoritairement, être au service de la croissance de nos économies. En effet, une consommation effrénée d’objets technologiques, rapidement obsolètes, et aussi notre appétence, en tant que consommateur, pour les « nouveautés » semblent être une des sources des crises écologiques et sociales que traversent nos sociétés.

Par ailleurs, la technologie n’est pas neutre c’est-à-dire qu’elle est le fruit d’une culture, encore dominée, pour le moment, par le premier cercle des puissances industrielles modernes.  Par « culture », nous entendons les nombreux aspects qui permettent de circonscrire le périmètre d’une société donnée tels les connaissances, les savoirs, les techniques, les arts, les croyances ou encore systèmes de valeurs.  De nombreuses technologies transposées dans d’autres cultures ont eu des effets désastreux à l’instar de l’agriculture productiviste, intense en pesticides et en engrais de synthèse, qui a précipité la disparition d’agricultures de tradition locale, parfois millénaire.  Pour éviter ces écueils, il devient indispensable de s’appuyer sur l’interdisciplinarité, notamment par la participation active des sciences humaines, pour développer les nouvelles technologies.  Plus encore, c’est en impliquant le citoyen dans le développement technologique que nous pourrons passer d’une économie de l’offre à une économie de la demande.

Les incroyables avancées technologiques de notre civilisation ne nous dispenseront pas de réexaminer notre culture dominante et les valeurs qui y sont associées.  En choisissant d’aller, volontairement, vers une société humaine durable, les technologies non-durables devraient marquer le pas au profit des technologies qui respectent l’Homme et les écosystèmes vitaux pour notre survie. Tout est encore à faire…

« The Black Swan » de Nassim Nicholas Taleb

Qu’est qu’un   »Cygne noir » (Black Swan) ? Vous le découvrirez en lisant ce livre passionnant de Nassim Nicholas Taleb sur la théorie des « Cygnes Noirs », ces évènements présentent deux caractéristiques principales  : ils sont pratiquement impossibles à prévoir et leurs impacts sont immenses. Nombreux sont ceux qui ont essayé de les rationaliser. Finalement, la théorie des   »Cygnes Noirs » nous démontrent pourquoi il faut arrêter de tout vouloir prédire. Saisir les opportunités qui peuvent émerger de l’incertitude des évènements semble être, selon l’auteur, une stratégie bien plus intéressante.

Iconoclaste, drôle et provocateur.

La démarche prospective au service du territoire…

Notre société ne peut pas continuer à se développer dans le scénario actuel, celui que les anglo-saxons appellent, à juste titre, « Business as usual » qui pourrait être traduit en français par «on fait comme d’habitude ».  En tout état de cause, il faudra éviter que nos futurs choix de développement ne débouchent sur une société « cauchemardesque».  Nos marges de manœuvre étant de plus en plus étroites, il est urgent de développer des scénarios alternatifs susceptibles de nous sortir de notre logique actuelle où les crises économiques, écologiques et sociales sont devenues la norme.

Les visions stratégiques à long terme de l’action territoriale ont besoin d’être profondément renouvelées à toutes les échelles et avec l’ensemble des acteurs. L’avenir incertain inhérent à ces grandes mutations à envisager devrait nous inciter à entamer un exercice de prospective capable d’agir sur les acteurs, en faisant « bouger leurs représentations », en préparant les esprits aux changements envisageables, pour ancrer définitivement la durabilité dans l’action territoriale.

Bâtir une vision d’un futur souhaité et durable (« là où nous voulons aller ») pour un territoire et imaginer les scénarios de transition pour servir, au mieux, cette vision sont, selon nous, indispensables à la réflexion prospective territoriale.  Les éclairages apportés par ce travail collectif et participatif doivent aider les territoires à faire les choix politiques pertinents par rapport au contexte et à son évolution probable ou possible.

Le manque de vision fait cruellement défaut, comme le montre une récente étude sur les démarches de type Agenda 21 ou le Plan Climat Energie où aucune approche prospective n’est initiée par les acteurs qui s’investissent dans le « comment ? », sans s’être posé les questions du « vers où ? » et du « pourquoi ? ».

Dans cette optique, l’équipe de Next World s’est fixé pour mission de développer, à l’échelle de notre région, l’utilisation de l’approche prospective stratégique dans les démarches de durabilité territoriales et ce, quelque soit la taille du territoire (communes, villes,…).

La révolte dans le monde arabe : Les diplomaties occidentales, victimes d’un «Black Swan » ?

Au moment où j’écris de ces lignes des milliers de libyens se battent dans les rues pour se libérer du joug du colonel Kadhafi.  Après la Tunisie et l’Egypte, la Libye pourrait bien être le troisième régime autoritaire à mordre la poussière depuis début janvier.  Ces évènements, outre l’immense espoir qu’ils soulèvent pour les populations, ont une caractéristique particulière : personne n’a rien vu venir.  L’hypothèse d’un tel renversement de situation se trouvait dans l’angle mort des schémas mentaux de nos gouvernants qui ont réagi finalement comme ils avaient toujours l’habitude de le faire, malgré les avertissements de quelques diplomates en poste.  A la lumière des réactions initiales au soulèvement de la rue tunisienne, on peut penser que nos gouvernants n’ont fait que « télécharger » les expériences du passé : les manifestations de la rue seraient, une fois de plus, réprimées par les pouvoirs autoritaires en place et tout rentrerait dans l’ordre rapidement. Affaire classée !

Et si les diplomaties occidentales avaient été les victimes d’un «Black Swan » (voir notre bibliographie), d’un « cygne noir », évènement hautement improbable, totalement imprévisible, mais dont les impacts sont immenses ?

Il se trouve toujours des gens qui vous expliquent qu’ils savaient ce qui se passait sous leurs yeux.  L’Homme moderne ayant une aversion pour le « pur » hasard, il préfère, en permanence, se rassurer en donnant une logique, a posteriori, aux évènements.  Chacun, journalistes et experts de tout poil, y donc est allé de son analyse afin de mettre bon ordre dans cette insupportable irrationalité des choses.  L’Histoire n’est pas cet enchainement logique d’évènements linéaires, elle ne se laisse pas mettre en boîte aussi facilement.  Ce fait, il nous faut l’admettre une fois pour toute.

Comme le disait Pierre Dac : «Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir.»

Le japon face à la menace nucléaire

Conséquence directe d’un tremblement de terre d’une puissance inédite, un tsunami a frappé le Japon. Les images qui nous parviennent des médias font froid dans le dos et témoignent de l’ampleur de la catastrophe : des villes et leurs habitants ont été totalement rayés de la carte en quelques minutes par une vague meurtrière.  Comme si tout cela ne suffisait pas, les réacteurs de la centrale de Fukushima, endommagés par le tsunami, menacent toute une région d’une catastrophe nucléaire d’une ampleur comparable à celle de Tchernobyl.

Le drame qui se joue sous nos yeux, celui de dizaines de « liquidateurs » qui, au péril de leur vie, font ce qu’ils peuvent pour refroidir les réacteurs, celui de la radioactivité qui se répand, invisible, a, semble-t-il, relancé le débat sur le nucléaire civil. On s’inquiète déjà des rejets atmosphériques qui navigueront au grès des vents, favorables pour certains, défavorables pour d’autres. En Europe, les états ont construit des centrales proches de zones fortement sismiques, Italie (Casaccia), Roumanie (Cernavoda), Bulgarie (Belene), demain en TurquieEn Espagne, la centrale nucléaire de GAROŇA construite en 1970 et dont la dangerosité (dénoncée par d’anciens cadres du site) n’est plus à démontrer, a fait l’objet d’un projet de prolongement de son activité.  Au fait, pourquoi veut-on absolument prolonger la durée de vie des centrales ? Ne serait-ce pas pour le « profit » ? Ou peut-être pour concurrencer la durée de vie des substances radioactives, qui vont de quelques dizaines d’années à 15 millions d’années (avec une moyenne de 45000 ans pour le plutonium  de Tchernobyl) ?

En France, le discours est invariable. Comme d’accoutumé, nous disposons dans le nucléaire, comme dans le domaine de la santé (voir les différents scandales de l’Afssaps), de toutes les « garanties » de sécurité. Nous maîtrisons « tout », jusqu’aux nuages que nous stoppons à nos frontières grâce à des avions renifleurs reconvertis. Les experts sont unanimes : le danger existe, mais pas chez nous.  Une telle posture n’est plus acceptable.  Il est temps d’assumer l’existence de risques liés aux activités nucléaires en reconnaissant que personne n’est à l’abri.  En écoutant sur France Inter récemment, les témoignages d’auditeurs habitant à proximité de centrales nucléaires,  le sentiment qui domine est celui que les populations sont faiblement informées sur les risques réels encourus en cas d’accident majeur.  Restaurer un dialogue démocratique et transparent sur l’avenir de nos choix énergétiques est essentiel pour pouvoir dépasser les visions parfois « figées » des gouvernements.  Nous ne croyons pas que la question du nucléaire soit indécente, elle est juste légitime.  C’est un des enseignements du drame que vit le Japon.

Limits to Growth : The 30-Year Update

En 1972, trois scientifiques du MIT créent une modélisation qui permet d’analyser la consommation des ressources mondiales ainsi que la production de biens. Sous l’égide du Club de Rome, les résultats de cette étude font l’objet d’un rapport intitulé « Halte à la croissance ». Pour la première fois dans l’histoire moderne, la notion de « dépassement » des capacités de la planète est évoquée sans aucune ambiguïté. Les scientifiques Donnella Meadows, Randers Jorgen, et Dennis Meadows se sont, à nouveau, associés pour mettre ce rapport à jour en y intégrant les évolutions de ces 30 dernières années. Leur constat est sans appel : Les signes d’usure de la planète se multiplient.

Ce message est un nouvel avertissement aux tenants du statu quo. Sera-t-il entendu cette fois-ci ?